Enjeux et questions de recherche
Première étape, l’enjeu de notre thématique a consisté à définir les « objets » environnementaux qui nous paraissent intéressants à évaluer dans le cadre d’un développement durable. Nous avons ainsi dégagé trois types de zones à évaluer : les zones de production agricole, les espaces naturels et les territoires urbains. Leur évaluation recouvre un ensemble de méthodes permettant d’approcher la valeur d’une situation, d’une entité, d’un résultat ou d’une performance (biodiversité, pollution d’une rivière…). L’approche passe par l’observation et le suivi de l’environnement. Pour cela, différents types d’informations doivent être intégrés : des mesures (physico-chimiques, de biodiversité…), mais aussi des données socio-économiques (enquêtes) ou de santé (études épidémiologiques). L’enjeu majeur consistera à mieux organiser l’observation pour coordonner ces diverses dimensions. Néanmoins, ce n’est pas tout ! Au-delà de cette approche purement méthodologique, l’évaluation d’un environnement doit aussi s’étendre aux politiques publiques et innovations technologiques. Pour les éco-conceptions, il s’agira par exemple d’évaluer leur impact sur les systèmes végétaux. En fait, l’évaluation est le parent pauvre au niveau de l’environnement. Elle concerne très souvent des milieux faiblement influencés par l’empreinte humaine, avec un fort accent sur la biodiversité, les risques et la santé. Il faut reconnaître que les difficultés de l’évaluation environnementale sont multiples, en raison notamment de son caractère multicritères et des incertitudes qu’elle peut comporter dans le temps et l’espace
Premières lignes d’action
ORGANISER LES DISPOSITIFS D’OBSERVATION ENTRE DIFFERENTES DISCIPLINES
Il s’agira de connaître, coordonner et fédérer les observatoires existants. Le défi sera de croiser les données entre différentes dimensions (économique, santé, sociétale, mesures de biodiversité, mesures biologiques, mesures physico-chimiques, etc.). Pour cela, le groupe recommande notamment le couplage des activités des observatoires opérationnels et celles des observatoires de recherche SOERE. L’harmonisation de leurs méthodes est essentielle. La mise en place de banques d’échantillons conservés (écothèques) en vue de leur analyse rétrospective doit également être amorcée.
PERFECTIONNER LES METHODES QUI FONDENT L’EVALUATION ENVIRONNEMENTALE
Le groupe insiste sur la nécessité de développer une panoplie de méthodes avec trois défis majeurs à relever : l’élaboration d’une approche multicritères tout au long du processus « production, transformation, usages, fin de vie », le développement d’indicateurs territoriaux propres à certaines activités régionales, et l’appréhension de l’évaluation environnementale en dépassant le critère carbone, afin de définir et prendre en compte d’autres critères qui permettraient d’identifier à quel stade de la chaîne de valeur se trouvent les enjeux économiques et sociaux.
CONSTRUIRE DES OUTILS QUE LES ACTEURS SOCIO-ECONOMIQUES POURRONT S’APPROPRIER
L’enjeu est de disposer d’outils (logiciels) et de données pour coupler les démarches d’éco-conception à des évaluations environnementales. De tels indicateurs devront faciliter l’acceptation des éco-conceptions par les acteurs socio-économiques, mais aussi par les décideurs publics et les consommateurs. En particulier, leur élaboration est indispensable pour l’évaluation environnementale des biotechnologies associées à une augmentation des productions agricoles.
Composition du groupe
Animateurs :
Jérôme Rose, CNRS, Spécialiste des risques liés aux nanomatériaux
Véronique Bellon, Irstea, Physico-chimiste
Experts associés :
Luis Aparicio, Andra, Sociologue
Elisabeth Leclerc, Andra, Agronome, pédologue
Laurent Rouvreau, BRGM, Géologue
Pascale Michel, BRGM, Economie circulaire, déchets
Claudine Basset-Mens, Cirad, Analyse de cycle de vie
Martine Antona, Cirad, Economie du développement et de l’environnement
Gérard Bégni, Cnes, Environnement et développement durable
Thierry Dutoit, CNRS, Ecologue en restauration des écosystèmes.
Guido Willi Sonnemann, CNRS, Analyse du Cycle de Vie (industrie et environnement)
Jean-Marc Lelann, CPU, Génie des procédés et génie industriel
Jean Boncoeur, CPU, Economie des ressources marines
Pierre Kermen, CPU, Développement durable, (économiste et urbaniste)
Cécile Querleu, IFP Energies nouvelles, Economiste
Jean-François Gruson, IFP Energies nouvelles, Economiste
Rémi Mongruel, Ifremer, Economie, ressources marines, services écosystémiques
Cédric Bacher, Ifremer, Biologiste
Agnès Jullien, Ifsttar, Economiste
Claire Sallenave, Ifsttar, Agronome spécialisée en aménagement du territoire
Nicolas Robert, IGN, Agronome et économiste de l’environnement.
Anne-Christine Le Gall, Ineris, Biogéochimie et évaluation environnementale
Benoît Gabrielle, Inra, Agronome
Pierre Dupraz, Inra, Agronome
Romain Simenel, IRD, Ethnologie (systèmes locaux de gestion de l’environnement en contexte de développement)
Marc Guérin, Irstea, Economiste
Pascal Mallard, Irstea, Ingénieur
Philippe Gourdain, MNHN, Ingénierie écologique


