Enjeux et questions de recherche
Par les 2 co-animateurs du groupe, Xavier Reboud, Inra, Écologue et Éric Malézieux, Cirad, Agronome

Face à l’émergence d’une crise écologique, alimentaire et énergétique, l’agriculture doit changer de paradigme. Elle doit désormais être productive et durable. Pour relever ce défi, il convient bien sûr de substituer aux intrants chimiques leurs équivalents naturels chaque fois que c’est possible. Contre les mauvaises herbes par exemple, nous pouvons valoriser d’autres moyens de lutte que les herbicides en faisant appel notamment aux régulations naturelles (insectes ou oiseaux granivores), processus qui peut être optimisé en repensant l’espace agricole (implantation de haies, etc.). Ainsi, l’enjeu est d’inventer de nouveaux systèmes agricoles en composant avec différentes méthodes pour proposer aux agriculteurs des solutions qui sécurisent à la fois la production et les écosystèmes de façon pérenne. À la production agricole s’ajoutent pour le sol d’autres fonctions : épurer l’eau, recycler une partie de nos déchets, stocker le carbone organique, abriter une biodiversité encore méconnue. Alors qu’il faut 3 000 ans pour que 15 cm de sol puissent se former, il suffit de quelques mois pour les détruire (érosion, urbanisation, mines) ou les polluer et les contaminer. Ainsi, nous détruisons ou dégradons une ressource essentielle à la régulation du climat, du cycle et de la qualité de l’eau, de la biodiversité et de la santé. Comment maintenir et restaurer ces fonctions essentielles des sols ? Pour le groupe « agroécologie et sol », voici un autre domaine clé de la recherche à développer ces prochaines années.
Premières lignes d’action
ÉTUDIER LE FONCTIONNEMENT DES AGRO-ECOSYSTEMES
L’objectif est de mieux connaître les interactions entre la population végétale/animale gérée par l’homme et les communautés des organismes présents dans l’environnement (décomposeurs du sol, adventices, pollinisateurs, oiseaux et petits mammifères, parasites, pathogènes, etc.). De cette connaissance, découlera la possibilité d’en favoriser certaines.
INTEGRER L’AGROECOLOGIE AU NIVEAU DU PAYSAGE
L’approche spatiale de l’agroécologie vise à évaluer la valeur biologique et économique des espaces semi-naturels (zones enherbées, haies, prairies permanentes, etc.). Elle vise aussi à préciser quelle proportion de l’espace doit être réservée pour couvrir les besoins d’épuration ou de maintien d’une espèce jugée précieuse, par exemple. De telles évaluations sont indispensables pour décider des aménagements pouvant faire l’objet de subventions d’agriculture.
ÉVALUER ET CONCEVOIR DES SYSTEMES INNOVANTS
Il est important d’évaluer l’agriculture selon d’autres critères que la productivité. En particulier, sa capacité de limiter la production de gaz à effet de serre est une question essentielle. Une telle évaluation nécessite d’acquérir une masse de données sur la durée et recouvrant des situations différentes (indicateurs). Cela conduit à soutenir la labellisation des dispositifs d’observation que sont les SOERE ainsi que leur instrumentalisation (cf. page 56).
PREVOIR LES DYNAMIQUES DE DEGRADATION ET DE RESTAURATION DES SOLS
À quelle vitesse disparaissent ou se dégradent les ressources en sol ? À quelle vitesse peuvent-elles être restaurées et à quel coût ? Il s’agit là d’axes de recherche majeurs à explorer dans les prochaines années.
MIEUX PRENDRE EN COMPTE LA MULTIFONCTIONNALITE DES SOLS.
L’objectif pour les pédologues, agronomes et écologues du groupe thématique « agroécologie et sol » sera de définir des systèmes permettant aux sols de maintenir une gamme élargie de fonctions hydriques, biogéochimiques et biologiques, tout en assurant des fonctions agricoles, urbaines, industrielles ou minières.
Composition du groupe
Animateurs :
Xavier Reboud, Inra, Écologue
Eric Malézieux, Cirad, Agronome
Agroécologie et sol :
Florent Maraux – Agreenium (Cirad), Agronome
Antoine Gardarin – Agreenium (AgroParisTech), Agronome et écologue
Laurence Denaix – Agreenium (Inra) Biogéochimiste
Claire Chenu – Agreenium (AgroParisTech), Pédologue
Philippe Hinsinger – Agreenium (Inra), Biogéochimiste
Elisabeth Leclerc – ANDRA, Agronome, pédologue
Emmanuel Doelsch – Cirad, Géochimiste
Françoise Burel – CNRS, Ecologue
Aline Dia – CNRS, Géoscientifique
Jean-Louis Martin – CNRS, Ecologue
Pascal Simonet – CNRS, Microbiologiste
Jean-Marc Douguet – CPU, Economiste
Jean-Pierre Sarthou – CPU, Agro-écologue, entomologiste
Bertrand Dumont – INRA, Physiologiste animal
Sylvain Pellerin – INRA, Agronome
Jean-Luc Chotte – IRD, Agronome
Christian Valentin – IRD, Pédologue
Flavien Lemoine – IRSN, Géochimie
Philippe Cozic – Irtsea, Agro-écologue
Ramon Laplana – Irstea, Géographe
Julien Blanc – MNHN, Agro-écologue
Expertise associée sol : Animateur : Christian Valentin, IRD, Pédologue
Claire Chenu – Agreenium (AgroParisTech), Pédologue
Philippe Hinsinger – Agreenium (INRA), Biogéochimiste
Laurence Denaix – Agreenium (INRA), Biogéochimiste
Christian Walter – AgroCampusOuest, Pédologue
Elisabeth Leclerc – ANDRA, Agronome
Christophe Mouvet – BRGM, Hydrogéochimiste
Francis Garrido – BRGM, Géochimiste organique
Emmanuel Doelsch – Cirad, Géochimiste
Gérard Gruau – CNRS, Géochimiste
Corinne Leyval – CNRS, Ecologue microbien
Pascal Simonet – CNRS, Microbiologiste
François Chabaux – CPU, Géoscientifique
Noureddine Bousserrhine – CPU, Ecotoxicologue
Jerôme Gaillardet – CPU, Géologue
Catherine Keller – CPU, Pédologue
Oumarou Malam Issa – CPU, Pédologue
Jean-Marc Douguet – CPU, Economiste
Béatrice Béchet – IFSTTAR, Hydrogéochimiste
Florence Carré -INERIS
Sophie Cornu – INRA, Pédologue
Christian Mougin – INRA, Ecotoxicologue
Sylvain Pellerin – INRA, Agronome
Jean-Jacques Braun – IRD, Géochimiste
Olivier Planchon – IRD, Pédologue
Jean-Louis Rajot – IRD, Erosion éolienne
Jean-Luc Chotte – IRD, Agronome
Emmanuel Fritsch – IRD/IMPMC, Pédologue
Flavien Lemoine – IRSN, Géochimie
Farid Juillot – Univ. Paris Diderot / IMPMC / IRD, Géochimiste
AU BENEFICE DE L’UNION
Suite à la conférence de Copenhague, l’Alliance intergouvernementale « Global Research Alliance on Agricultural Greenout Gases » a été créée pour mobiliser les pays membres autour des enjeux de recherche sur les gaz à effet de serre. L’élan de coordination insufflé par l’Alliance offre à la France des atouts prégnants pour continuer à jouer un rôle clé dans cette réflexion, en particulier sur la thématique « agroécologie et sol ».



