Enjeux et questions de recherche
Par les 3 co-animateurs du groupe, Philippe Bougeault, Météo-France, Dynamique et physique de l’atmosphère, Hervé Le Treut, Institut Pierre Simon Laplace (IPSL), Climatologie et météorologie dynamique et Corinne Borel, CEA, Innovation Climat-énergie, KIC Climat Europe.
Le sommet international sur le climat organisé en 2009 à Copenhague par l’ONU s’est accordé sur la nécessité de limiter à 2 degrés l’augmentation de la température moyenne globale de la Terre. Dans ce contexte où l’adaptation au changement climatique est devenue une question clé pour la société et l’environnement, notre groupe thématique, composé d’une vingtaine de membres d’organismes différents, d’horizons et de cultures très variés, a dégagé plusieurs lignes d’actions à mettre en place. Pour les représentants des sciences du climat, mieux comprendre le climat et ses modes de fonctionnement demeure une priorité pour déterminer l’impact régional du changement climatique, y compris aux horizons relativement proches 2020-2030. Une telle approche exige des études sur l’évolution passée du climat, sa surveillance, sa prévision et les impacts sur la biodiversité. Pour les représentants des sciences humaines et sociales, la priorité est d’engager des études pour comprendre le fonctionnement des sociétés et leurs réactions face aux changements globaux, quelle que soit leur origine. Deux analyses différentes, mais une volonté commune de tirer parti de l’existence de l’Alliance pour faire avancer les domaines clés du changement climatique et dégager au final une stratégie partagée. Ces travaux pourront se développer dans le cadre de chantiers géographiques ciblés comme le chantier MISTRALS qui regroupera les efforts de recherche de nombreux pays du bassin méditerranéen.
Premières lignes d’action
AMELIORER LES DONNEES D’OBSERVATION POUR MIEUX MODELISER LE CLIMAT
Il est indispensable de consolider la composante française de l’observation opérationnelle de l’océan global en s’organisant au niveau international et au niveau européen. En particulier, en s’inscrivant dans le programme européen « Global Monitoring for Environment and Security » et son volet « Océan ». De même pour les milieux terrestres, il faut consolider les réseaux d’observation des flux de carbone, d’eau et d’énergie entre l’atmosphère, la biosphère et les sols, en accordant une place accrue à la biodiversité.
OPTIMISER LE TRAITEMENT DE L’OBSERVATION ET DE LA MODELISATION
Un programme de financement inter-organismes est nécessaire pour rassembler toutes les équipes françaises étudiant la variabilité climatique du dernier millénaire, la variabilité climatique récente et la prévisibilité du climat à l’horizon 2020-2030, afin de comprendre les interactions entre variabilité naturelle et forçage des gaz à effet de serre. Une composante de ce programme devra soutenir les efforts de collecte et de traitement des données d’intérêt climatique, notamment les données fournies par des marqueurs et des observations (teneurs en certains isotopes…) offrant une information indirecte sur le climat (température ou pluviométrie).
ÉVALUER ET CONCEVOIR DES SYSTEMES INNOVANTS
Il est important d’évaluer l’agriculture selon d’autres critères que la productivité. En particulier, sa capacité de limiter la production de gaz à effet de serre est une question essentielle. Une telle évaluation nécessite d’acquérir une masse de données sur la durée et recouvrant des situations différentes (indicateurs). Cela conduit à soutenir la labellisation des dispositifs d’observation que sont les SOERE ainsi que leur instrumentalisation (cf. page 56).
MIEUX COMPRENDRE LA DEMANDE SOCIETALE
Un groupe de réflexion spécifique au sein d’AllEnvi est nécessaire pour identifier les moyens de mieux comprendre les mécanismes de formation de l’opinion et de modification des comportements dans le domaine des risques environnementaux. De tels travaux permettraient d’identifier les changements de comportement qui pourraient se produire. Une aide précieuse pour décider des mesures règlementaires ou incitatives à mettre en place.
Composition du groupe
Animateurs :
Philippe Bougeault, Météo-France, Dynamique et physique de l’atmosphère
Hervé Le Treut, Institut Pierre Simon Laplace (IPSL), Climatologie et météorologie dynamique
Corinne Borel, CEA, Innovation Climat-énergie,
KIC Climat Europe
Experts associés :
Franck Lecocq, Agreenium (AgroParisTech), Economiste
Denis Loustau, Agreenium (Inra), Ecophysiologiste, Bioclimatologue, Biogéophysicien, Ecologue
Jacques Brulhet, Andra, Spécialiste de la géoprospective
Sébastien Conil, Andra, Mesures atmosphériques et évaluations de flux
Christine King, BRGM, Télédétection et risques naturels
Goneri Le Cozannet, BRGM, Risques côtiers
Cyril Moulin, CEA, Climatologue
Emmanuel Torquebiau, Cirad, Ecologue
Philippe Veyre, Cnes, Météorologiste
François Vial, CNRS, Climatologue
Valérie Le Dantec, CNRS, Ecologue, études des émissions de gaz à effet de serre, modélisation, mesures
Wolfgang Cramer, CNRS, Ecologie Globale, services écosystémiques sous changements climatiques
Jean-François Brilhac, CPU, Energétique et génie des procédés
Gérard Beltrando, CPU, Climat et viticulture, risque naturel, agencement climatique
Paul Leadley, FRB, Ecologue
Fabienne Gaillard, Ifremer, Océanographe
Pierre-Yves Le Traon, Ifremer, Océanographe
Philippe Gros, Ifremer, Ecosystèmes marins exploités, biodiversité
Jean-Pierre Magnan, Ifsttar, Géotechnique
Claire Sallenave, Ifsttar, Agronome spécialisée en aménagement du territoire
Augustin Colette, Ineris, Interactions climat et qualité de l’air
Alban Thomas, Inra, Economiste
Nathalie Breda, Inrs, Ecophysiologiste
Antoine Colin, IGN, Modélisation de la ressource forestière, inventaire des gaz à effet de serre
Yves Frenot, Ipev, Ecologue
Pascal Morin, Ipev, Géochimie marine
Serge Janicot, IRD, Climatologue
Sabine Arnault, IRD, Circulation générale océanique, modélisation
Michel Vennetier, IRSTEA, Ecologue
Nils Ferrand, Irstea, Modélisation participative et aide à la décision multi-niveaux
Serge Planton, Météo France, Climatologue
Frédéric Jiguet, MNHN, Ecologie et biodiversité : réponses aux changements globaux
Jean-Claude Le Gac, SHOM, Hydrographie, océanographie
AU BENEFICE DE L’UNION
DRIAS est un portail web en cours d’élaboration qui mettra à disposition des données issues des simulations climatiques régionalisées françaises. DRIAS (Donner accès aux scénarios climatiques Régionalisés français pour l’Impact et l’Adaptation de nos Sociétés et environnements) s’organise autour d’une équipe composée :
- des centres producteurs de simulations climatiques : le Centre National de Recherches Météorologiques (CNRM), le Centre Européen de Recherche et de Formation Avancée en Calcul Scientifique (CERFACS), l’Institut Pierre Simon Laplace (IPSL)
- de la Direction de la Climatologie de Météo-France



