Enjeux et questions de recherche
Par les 2 co-animateurs du groupe, Patrick Vincent, Ifremer, Géophysique et océanographie spatiale
et Bernard Kloareg, CNRS, Biologie et génomique marines, biotechnologies.
Suite au Grenelle de la Mer, le 8 décembre 2009, le comité interministériel de la mer a adopté le Livre Bleu de la stratégie nationale pour la mer et les océans. Il confirme que la zone côtière est un espace continu entre la terre et la mer pour la conduite des politiques publiques et réaffirme la cohérence nécessaire des actions menées sur terre et en mer. L’enjeu associé est d’arriver à une planification stratégique des espaces maritimes, basée sur les principes de la gestion intégrée de la mer et des littoraux, prenant en compte les différents usages (exploitation des ressources vivantes, minérales et énergétiques, tourisme). Autres défis essentiels : connaître le milieu marin en tant que système, tout en accroissant les connaissances du socle de base des différentes disciplines des sciences marines (océanographie physique, chimie, biologie, géophysique, etc.). Cette approche est aujourd’hui renforcée par le travail interdisciplinaire de l’Alliance. Enfin, nous voulons mettre en avant un autre aspect : les connaissances qu’il faudra acquérir pour l’utilisation durable des ressources marines (vivantes ou énergétiques).
Premières lignes d’action
Depuis sa constitution, le groupe « Sciences de la Mer et Ressources marines » s’est attelé à définir un programme national de recherche « mer », qui regroupera différents aspects : observation des environnements marins et des communautés qu’ils abritent, biodiversité à toutes les profondeurs des mers, côtes et littoraux avec la fresque des inventaires à réaliser autour du globe, en particulier dans les rapports terre-mer ultramarins. Les différentes facettes de ce programme intégreront l’innovation sous tous ses aspects, s’appuieront aussi sur le savoir-faire des professionnels de la mer, et veilleront à promouvoir la formation. À titre d’illustration, quatre lignes d’action sont d’ores et déjà proposées et seront complétées en 2011 pour aboutir au programme Mer le plus complet possible.
ÉTUDIER L’ADAPTATION DES ECOSYSTEMES FACE AUX CHANGEMENTS ENVIRONNEMENTAUX.
s’agira, par exemple, d’analyser comment les changements globaux et les pollutions anthropiques peuvent affecter la biologie des océans. Une question très importante sera de comprendre les réponses adaptatives (résilience) des écosystèmes marins.
COMPRENDRE ET MODELISER LE SYSTEME MER/LITTORAL
. L’objectif principal sera d’évaluer comment le littoral évoluera ces prochaines années face aux changements globaux.
METTRE EN PLACE UNE APPROCHE INNOVANTE DE L’ETUDE DE LA BIODIVERSITE MARINE
Les recherches en biologie intégrative à haut débit comme la génomique ont révolutionné notre façon d’étudier la biodiversité marine. Elles permettent à la fois de mieux comprendre le fonctionnement des écosystèmes et d’étudier la biodiversité dans des buts fondamentaux ou appliqués (aquaculture, biotechnologies par exemple).
RENFORCER LES ETUDES SUR LES ECOSYSTEMES ASSOCIES AUX FONDS MARINS
Ce travail se fera par exemple en relation avec la recherche pour l’exploration des ressources fossiles ou minérales.
Composition du groupe
Animateurs :
Philippe Bertrand, CNRS-INSU, Cycles biogéochimiques, (l’Océan dans le système terre)
Bruno David, CNRS-INEE, Evolution biologique – biodiversité marine
Patrick Vincent, Ifremer, Géophysique et océanographie spatiale
Experts associés :
Didier Gascuel, Agreenium (AgroCampus Ouest), Ecologue
Carlos Oliveros, BRGM
Pol Guennoc, BRGM, Géologue
Jean-François Baroiller, Cirad, Aquaculture
Héléna D’Cotta-Carreras, Cirad, Aquaculture
Juliette Lambin, Cnes, Océans et cryosphère
Philippe Charvis, CNRS, Sismologie marine
Laurence Eymard, CNRS, Interactions Océans-Atmosphère
Nadine Le Bris, CNRS, Ecologue, spécialiste des écosystèmes marins benthiques.
Robert Chenorkian, CNRS, Archéologie des dépôts coquilliers anthropiques
Bernard Kloareg, CNRS, Biologiste marin
Catherine Jeandel, CNRS, Biogéochimiste et océanographe
Yves-Marie Paulet, CPU, Biologiste marin
Fauzi Mantoura, CPU, Océanographie et biologie marine
Pascale Garcia, CPU, Génomique des populations littorales
David Mouillot, CPU, Ecologie fonctionnelle, macro-écologie, écologie marine
Marie-Hélène Tusseau, Ifremer, Ecotoxicologie, biogéochimie marine
Bruno Ernande, Ifremer, Ecologue
Pierre-Marie Sarradin, Ifremer, Biogéochimiste, écosystèmes profonds
Jean-François Bourillet, Ifremer, Géoscience marine
Etienne Prévost, Inra, Dynamique et évolution des populations
Françoise Médale, Inra, Aquaculture, nutrition des poissons
Pascal Morin, Ipev, Géochimie marine
Hélène Leau, Ipev, Océanographie et gestion de la flotte
Philippe Cury, IRD, Ecologue
Thomas Changeux, IRD, Hydrobiologiste (poissons)
Pierre Elie, Irstea, Ecologue
Sylvie Dufour, MNHN, Evolution, adaptation, cycles biologiques, endocrinologie
Pascal Jean Lopez, MNHN, Phycologie, Cycle du silicium, Biogéochimie, Génomique
Eric Langlois, SHOM « Mer et Littoral »: Environnement physique marin
Michel Even, SHOM, Hydro-océanographe
AU BÉNÉFICE DE L’UNION
Le développement d’une initiative de programmation de recherche conjointe sur les océans est un objectif à moyen terme à l’échelle européenne, de même qu’AllEnvi rend possible une coordination renforcée des infrastructures marines tant sur le plan de la recherche que sur le plan opérationnel. Ainsi, née de la fédération des quatre opérateurs de navires océanographiques (CNRS, Ifremer, IRD et Ipev), l’unité mixte de service « Flotte océanographique française » rassemblant les navires hauturiers mettra à la disposition des chercheurs de l’Alliance de nombreuses mesures in situ. Un outil majeur qui soutient concrètement les priorités de recherche d’AllEnvi.


