Trait de côte, aménagements littoraux

L’objectif est de suivre l’évolution du littoral en pérennisant les séries temporelles à long terme, en mettant en œuvre des moyens de mesures modernes et en harmonisant les stratégies d’acquisition de données entre laboratoires.

Problématique

La zone littorale constitue un espace à forts enjeux pour les années à venir, notamment compte-tenu des conséquences induites par le changement climatique (élévation du niveau de la mer, tempêtes plus intenses, voire plus fréquentes). En effet, les secteurs littoraux, particulièrement le trait de côte, sont des zones fortement évolutives avec des secteurs en érosion parfois de plusieurs mètres par an pour les côtes meubles. Ils devraient subir des assauts accrus de la mer lors des tempêtes amplifiant l’intensité de l’érosion et provoquant pour les zones basses des submersions dommageables pour les populations et l’économie locale.

Objectifs

Le Soere « Trait de côte » constitue un réseau d’observation, multi-sites et intégré, sur les trois façades littorales métropolitaines. Il est piloté par les universités de Caen, de Brest et de Montpellier, en collaboration avec des partenaires régionaux académiques et publics (Conseils généraux, régionaux, Dreal, DDTM…)
L’objectif est de pérenniser les séries temporelles à long terme, d’harmoniser les stratégies d’observations entre les laboratoires, de mettre en œuvre des moyens de mesures modernes pour une observation intégrée à la fois de l’évolution de l’objet « trait de côte » et des paramètres dynamiques fondamentaux de forçage. Les données de topographie littorale, transformées en Modèles Numériques de Terrain (MNT), constituent une information de base pour l’élaboration de modélisations numériques ou même physiques afin d’engager des recherches prospectives orientées vers le devenir des systèmes littoraux.
Les conséquences attendues du changement climatique sur les littoraux justifient pleinement un suivi accru de l’évolution du trait de côte. Il y a là une véritable demande sociétale de la part des riverains et des élus de la zone littorale qui s’est récemment traduite, suite au Grenelle de la Mer, dans le LIVRE BLEU publié par le Secrétariat Général de la Mer avec une volonté affichée de mettre en place « une véritable stratégie nationale pour l’érosion côtière ». Dans ce cadre, le suivi de sites-ateliers permettra de connaître l’impact des tempêtes, responsables des évolutions rapides du trait de côte, mais aussi de quantifier les tendances évolutives des volumes sédimentaires dans une approche à long terme plus prospective.

Stratégie, moyens et méthodes

Le Soere « trait de côte » s’appuie sur :

  • Des mesures au laser aéroporté (Lidar) afin de préciser l’évolution du trait de côte et de ses reliefs émergés adjacents. La densité des informations issues de cette technique permet de recueillir l’ensemble des indices pertinents pour identifier le trait de côte sur chacun des sites-ateliers retenu dans le Soere. Sur une base de paramètres communs, cela permet de comparer l’évolution de sites aux caractéristiques différentes. Il est possible d’optimiser les acquisitions Lidar et les traitements pour une meilleure discrimination de ces indices grâce à l’équipement acquis et maîtrisé par l’université de Caen, financé par les régions Basse et Haute-Normandie, Picardie, Nord Pas–de- Calais et le CNRS.
  • Des mesures bathymétriques acquises par Sondeur Multi Faisceaux (SMF) petits fonds de l’IUEM. Les mesures bathymétriques permettent de suivre l’évolution morphologique de la partie immergée des plages. Ces mesures sont ensuite fusionnées avec des mesures topographiques réalisées par GPS différentiel ou par TLS (Terrestrial Laser Scann) et des images aériennes de résolution centimétriques afin d’obtenir un suivi topo-morphologique continu de l’interface Terre-Mer.
  • Des mesures concernant les facteurs dynamiques aux limites des systèmes étudiés afin de préciser les conditions de forçage expliquant les évolutions constatées (marée et vagues, éventuellement courants).
    Les mesures sur les sites-ateliers dans le cadre du Soere s’appuient sur un levé topo bathymétrique annuel et des mesures régulières des conditions de forçage, caractérisées par des paramètres simples de marée et d’agitation, et éventuellement selon les sites, de courant. Une attention particulière est portée sur la capacité à réaliser des acquisitions continues sur le long terme, intérêt majeur du dispositif. La qualité, la traçabilité des données seront garanties. Les accès aux informations se feront via des bases de données inter-opérables.

Localisation des sites-ateliers

Les secteurs de côte qui sont suivis sont localisés sur les trois façades de la France métropolitaine, couvrant des environnements littoraux variés sur le plan des conditions hydrodynamiques (amplitude de la marée, caractéristiques des vagues), mais également du type de côte (plages à barres et à bâches, plages de poche, plages influencée par une embouchure tidale,…). L’extension des observations au site-atelier Arcachon est envisagée dès 2011 et le suivi du secteur des Pays de Monts en 2011 ou 2012.

Coordination

Le Soere Trait de côte est actuellement dirigé par Franck LEVOY. Une direction alternée est prévue, partagée entre les trois membres du comité de direction :
Franck Levoy, Professeur à l’Université de Caen Basse-Normandie.
• Franck Levoy a dirigé de 2003 à 2009, la station marine de l’Université de Caen à Luc-sur-Mer. Durant cette période, il a œuvré pour le rattachement de cette station au réseau SOMLIT, labellisée par l’INSU en 1996. Spécialiste de morphodynamique du trait de côte et plus globalement des environnements littoraux sableux, il a engagé dès 1990 des suivis de l’évolution du littoral sur l’ensemble des côtes de Basse-Normandie. Initiateur du projet interrégional CLAREC à l’échelle interrégionale, il est le directeur du GIS associé à ce projet. Il coordonne le Service d’Observations « Dynamique du trait de Côte » (SO-DYC), labellisé par le CNRS-INSU en 2011.
Christophe Delacourt, Professeur à l’Université de Bretagne Occidentale.
• Christophe Delacourt a été responsable des observations 2007-2010 à l’OSU IUEM comprenant la série dynamique morphosédimentaire et vulnérabilité. Il est directeur adjoint du laboratoire Domaines Océanique depuis 2007 et responsable du pôle Image de l’IUEM qu’il a crée en 2007. Il est co-proposant de l’ANR Cocorisco « Connaissance des risques côtiers » (2011-2013) déposé par l’IUEM.
Frédéric Bouchette, Maître de Conférences à L’Université de Montpellier.
• Frédéric Bouchette est directeur-adjoint de l’OSU OREME à Montpellier, en charge des services d’observation. Il est responsable du système d’Observation « Littoral Trait de côte » regroupant les équipes de recherche dédiée à la dynamique littorale sur l’université de Perpignan, l’Université Montpellier II, le centre archéologique de Lattes, le CEREGE, le LSEET à Toulon et le LEGI de Grenoble. Il est co-animateur de la plate-forme GLADYS qui rapproche ces mêmes partenaires de la société civile (DREAL, EID-Med, CG…). Sa spécialité est la physique des processus littoraux. Il est engagé dans le suivi régulier en zone littorale depuis 2001, et assure le regroupement d’archives de données littorales (1980 – actuel) dans les bases de données de l’OSU OREME.

Laboratoires porteurs

UMR 6143 CNRS-Universités de Caen et de Rouen « Morphodynamique Continentale et Côtière » (M2C)
24 rue des tilleuls
14000 CAEN
Tel : 02.31.56.55.90
franck.levoy@unicaen.fr

OSU – IUEM
Université de Bretagne Occidentale
Laboratoire Domaines Océaniques
(LDO) UMR 6538
Place Copernic
29280 PLOUZANE
Tel : 02.98.49.87.42
Christophe.delacourt@univ-brest.fr

OSU OREME
UMS 3282 CNRS
cc 60 Place Eugène Bataillon. 34095 Montpellier cedex 5
Mob: 06 32 67 55 90
Tel: 04 67 14 46 14
frederic.bouchette@gm.univ-montp2.fr

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