Les animaux dans leur milieu

Enjeux

La mission de ce groupe thématique est d'étudier les interactions des animaux et de leur fonction biologique au sein des écosystèmes.

L’étude des populations animales naturelles, exploitées ou non, voire domestiques, participe de manière spécifique aux grands enjeux liés aux évolutions démographiques et climatiques mais aussi à la protection des ressources naturelles et de l’environnement.

Les populations animales naturelles se situent à différents maillons des processus fonctionnels des écosystèmes dans lesquels elles jouent souvent un rôle clé (ex : espèces ingénieurs). Ces populations sont également vulnérables vis-à-vis des changements globaux, certaines espèces en déséquilibre risquant par leur évolution de modifier les écosystèmes. D’autres espèces (sentinelles, clé de voute, en fin de chaine alimentaire) qui peuvent être considérées dans certains cas comme indicatrices de la qualité des écosystèmes, sont amenées à évoluer dans un environnement fluctuant et de plus en plus fractionné, voire à changer de fonction. Il y a, enfin, au moins pour les systèmes extensifs de production, un continuum entre les populations animales exploitées et les populations naturelles (interactions, hybridation entre populations, échanges de pathogènes). Il y a donc un défi important à connaître et prédire l’évolution des populations animales naturelles en considérant, lorsque cela est pertinent, les interactions avec les populations exploitées. Or les modèles actuels liant les scénarios climatiques aux distributions et abondances des espèces ignorent encore trop les mécanismes biologiques proximaux de l’adaptabilité qui pourraient radicalement modifier les prédictions. Étudier l’adaptabilité des animaux à des milieux changeants est indispensable pour fournir ces données manquantes aux modélisateurs.

Les productions animales jouent un rôle majeur dans la fourniture de services écosystémiques. De par leurs propriétés nutritionnelles elle représente une composante incontournable de l’alimentation de base contribuant ainsi à la sécurité alimentaire mondiale. Elles sont toutefois particulièrement vulnérables, tant vis-à-vis de l’évolution de l’environnement (disponibilité des ressources, pression des pathogènes), que de la société (acceptabilité des systèmes de production, compétition sur les ressources alimentaires utilisables par l'homme, anthropisation forte des milieux). Les productions animales sont donc confrontées au défi de produire plus et mieux dans un contexte de changement global en s’appuyant sur des innovations durables. Pour répondre à cet objectif, le secteur de l’élevage va devoir aussi bien réduire ses impacts environnementaux négatifs (production de gaz à effet de serre, dégradation des milieux, contamination des eaux) et sa consommation de ressources (énergie, eau, azote, phosphore) qu’augmenter ses effets positifs et sa contribution aux services environnementaux, notamment dans le cas des herbivores (entretien des milieux difficiles, fertilité des sols, stockage du carbone dans les prairies, contribution au maintien de la biodiversité ordinaire, attractivité des paysages). Dans ce contexte, étudier l’adaptabilité des animaux aux milieux stressants et aux perturbations est nécessaire pour développer, dans une approche pluridisciplinaire avec les sciences sociales, des conditions d'élevage répondant aux interpellations de la société civile sur le respect du bien-être des animaux et aux questions éthiques liées aux productions animales.

Les animaux peuvent également servir de vecteurs de la connaissance de l’environnement. Par exemple, des marqueurs de l’état biologique d’animaux évoluant dans un milieu (perturbé ou restauré) peuvent constituer des bio-indicateurs de l’état d’un écosystème. L’intérêt de tels bio-indicateurs réside dans l’échelle de temps très courte sur laquelle ils peuvent indiquer l’état d’un écosystème ; c’est à dire bien en amont des conséquences tardives, souvent dramatiques, observées sur les populations animales. Il s’agit là d’une stratégie en plein essor dans les disciplines de conservation et de restauration de la biodiversité.

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