Quels futurs pour la planète ?

Le groupe Prospective de l’Alliance a réalisé une analyse synthétique des travaux de prospective liés à l’environnement. Ce travail, intitulé ScénEnvi, Visions du futur et environnement, fait ressortir la multiplicité des trajectoires sociétales et environnementales possibles, les futurs « à éviter » et ceux « à espérer ».

En vue d’aider à sa réflexion stratégique, l’Alliance a saisi son groupe Prospective  afin d’identifier les grandes familles de scénarios prospectifs liés à l’environnement, avec des horizons pouvant aller jusqu’à 2100. Ces travaux constituent un cadre de réflexion et une grille de lecture pour établir des priorités dans la programmation scientifique.
Des trajectoires multiples
Cette analyse fait ressortir la multiplicité des trajectoires sociétales et environnementales possibles et met en lumière que, même dans les cas où les questions environnementales deviennent prioritaires, l’amélioration attendue de l’état de l’environnement n’est ni certaine, ni rapide, ni généralisée.
La science et la technologie peu prise en compte
La gouvernance (40 %) et l’économie (25 %) apparaissent le plus souvent comme premier facteur moteur. Tandis que les sciences et technologies, bien que présentes dans toutes les familles, ne sont facteur moteur que dans 15 % des scénarios.
Des ressources en péril
Certains compartiments environnementaux apparaissent particulièrement menacés, et ce, quel que soit le type de trajectoire envisagé. Les ressources en eau et en sol sont les plus souvent considérées comme devant se dégrader, alors que les risques environnementaux de toute nature déjà très prégnants ne peuvent que s’intensifier.
Les océans et les forêts négligés
L’impact de ces diverses trajectoires sur les mers, l’océan, le littoral ou les forêts est très peu considéré et invite à combler ce manque évident en matière de prospective environnementale.

Méthodologie et principaux résultats

L’équipe a effectué un travail de dépouillement systématique des grandes prospectives internationales sur l’environnement. Ces travaux se projettent aux horizons 2030, 2050 et 2100 et aux échelles du Monde ou des grands continents, principalement l’Europe. L’analyse des 99 études repérées et jugées pertinentes a conduit à répertorier 307 scénarios qui ont été classés selon 11 familles :

  • 3 familles du déclin : « Chaos », « Repli » et « Fragmentation ». Elles représentent 23 % des scénarios et décrivent un monde aux futurs très sombres induisant de graves conséquences sur l’environnement.
  • 3 familles n’affichant pas de priorité pour l’environnement : « Croissance à tout prix », « Inertie » et « Priorité aux dimensions sociales ». Elles comptent pour 32 % du total. Ces trajectoires permettent parfois certaines améliorations ou limitations de la dégradation de l’environnement lorsque celles-ci sont compatibles avec les autres objectifs visés.
  • 5 familles volontaristes donnant priorité à l’environnement : « Réaction », « Croissance verte », « Proaction », « Synergies positives » et « Local ». Elles représentent 44 % de l’ensemble et combinent avec plus ou moins d’intensité un pilotage étatique et une mobilisation des diverses composantes de la société civile.

  

Positionnement des 11 familles de scénarios selon le gradient d’intensité de la gouvernance « étatique » et la « qualité » de l’environnement

    

La répartition des 11 familles de scénarios sur ce plan met en lumière qu’il n’y a pas une trajectoire unique tant vers l’amélioration que vers la dégradation de l’environnement, mais que plusieurs voies existent, y compris pour relever les défis que posent les enjeux liés à l’environnement.

Publiée : 09/08/2017

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