Faut-il taxer les produits « trop gras » ou « trop sucrés » ?

Faut-il taxer les produits « trop gras » ou « trop sucrés » ? C'est la question posée lors de la 41e conférence-débat des mercredis du Pavillon de la France.

Intervenant Pierre COMBRIS  -  Animateur Pierre-Yves BULTEAU

Mercredi 30 septembre de 11h à 12h30

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) déclare la guerre aux produits gras et sucrés qu’elle juge en partie responsables de l’augmentation de l’obésité à travers le monde. Dans son dernier rapport de mars 2015, elle préconise en effet l’instauration d’une taxe sur les aliments qu’elle juge mauvais pour la santé afin d’améliorer l’alimentation de la population et, à contrario, la mise en place de subventions en faveur de ceux jugés bons.  Imposer un impôt sur les aliments qui favoriseraient le surpoids et l’obésité parait être un bon moyen pour diminuer  leur consommation. Selon certains experts, il s’agirait même d’un des moyens les plus efficaces pour ce faire. Pour manger gras, il faudrait donc, demain,  mettre la main au portefeuille.

Si cette proposition parait, en théorie, pertinente, qu’en est-il en pratique ? La taxe sur les graisses saturées, mise en place au Danemark en 2011, a été supprimée au bout d'un an au motif qu'elle avait entraîné de nombreux effets pervers (augmentation du commerce transfrontalier, menace sur les emplois et gestion très coûteuse). En France, une taxe sur les boissons sucrées et édulcorées a également été mise en place en 2012.  Elle a permis de rapporter 300 millions d’euros par an à l’Etat, mais n’a pas vraiment réussi à faire baisser leur consommation. L’instauration d’une telle taxe, qui oppose les intérêts triangulaires de l’Etat, des industriels et des consommateurs serait-elle efficace pour lutter contre l’obésité ?

Pour sortir des débats souvent trop simplistes, ou caricaturaux, Pierre COMBRIS, interrogé par Pierre-Yves BULTEAU, répondra aux questions des participants après avoir préalablement fourni les clefs permettant de mieux comprendre le contexte et les enjeux des débats.

Pierre COMBRIS travaille au sein de l’unité Alimentation et Sciences Sociales de l’Inra. Ses recherches portent sur l’évolution de l’alimentation en longue période et sur l’étude expérimentale de l’impact de l’information sur les décisions alimentaires et sur les consentements à payer. Il s’intéresse également aux politiques alimentaires, et en particulier aux mécanismes incitatifs de régulation de l’offre et de la demande. 

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